Dynamo International plaide pour des politiques européennes qui atteignent réellement les personnes les plus exclues
Ce 5 mai 2026, Dynamo International a participé au Dialogue stratégique organisé par la Commission européenne autour des premières orientations du programme de travail 2027 du volet EaSI du FSE+ (Emploi et Innovation sociale, Fonds social européen Plus). Plus de 40 représentants d’organisations européennes de la société civile ont pris part aux échanges afin de discuter des priorités sociales de l’Union européenne.
La Commission européenne a confirmé que ses priorités s’inscrivent dans la continuité de ses orientations politiques récentes, notamment autour de la future stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, de l’Union des compétences, des emplois de qualité, de l’inclusion sociale, de la protection sociale, du logement et du soutien aux organisations de la société civile.
Elle a également identifié plusieurs priorités clés pour 2027, parmi lesquelles le soutien à la stratégie anti-pauvreté, le suivi de la Garantie européenne pour l’enfance, la lutte contre le sans-abrisme, ainsi que l’implication des personnes concernées dans les politiques publiques. Le programme prévoit aussi des activités d’échange avec les parties prenantes et des actions spécifiques liées au revenu minimum, à la pauvreté des enfants et à l’exclusion sociale.
Des priorités pertinentes, mais des défis majeurs à relever
Les organisations de la société civile ont globalement salué la pertinence des priorités présentées, en phase avec les réalités observées sur le terrain. Toutefois, plusieurs défis majeurs ont été soulignés.
Tout d’abord, un écart persistant demeure entre les politiques et leur mise en œuvre concrète : les mesures restent souvent trop éloignées des réalités vécues et peinent à atteindre les publics les plus vulnérables.
Ensuite, la question du financement a été au cœur des préoccupations. De nombreuses organisations ont insisté sur la nécessité de prévoir des financements dédiés et suffisants pour soutenir les actions de lutte contre la pauvreté, le sans-abrisme, l’inclusion sociale ou encore l’accompagnement des personnes migrantes. Plusieurs interventions ont également pointé le manque d’accès aux financements européens pour les initiatives locales de terrain.
Enfin, le rôle essentiel des organisations de la société civile a été réaffirmé, notamment à travers la nécessité de garantir des financements stables, comme les subventions de fonctionnement, afin de leur permettre de contribuer pleinement à la mise en œuvre des politiques européennes.
Une nécessité : atteindre réellement les personnes les plus exclues
Dans ce contexte, Dynamo International a tenu à rappeler que les politiques sociales européennes ne peuvent être efficaces que si elles atteignent réellement les personnes les plus éloignées des dispositifs existants.
Pour Dynamo International, ces priorités doivent désormais se traduire concrètement dans les politiques et les financements européens. La lutte contre la pauvreté ne peut se limiter à l’accès à l’emploi. Elle doit également s’attaquer aux causes profondes de l’exclusion : le logement, la santé mentale, l’accès aux droits, les revenus, l’isolement social et la rupture avec les institutions.
Le travail social de rue constitue une réponse essentielle à ces enjeux. Cette approche permet d’aller à la rencontre des personnes exclues des services traditionnels, de créer un lien de confiance et de les accompagner progressivement vers l’accès à leurs droits, à l’éducation, à la santé, au logement et à l’emploi.
Le message de Dynamo International est clair : pour atteindre les personnes les plus vulnérables, l’Union européenne doit reconnaître, soutenir et financer les approches d’outreach, le travail social de rue et les organisations de la société civile qui font le lien entre les politiques publiques et les réalités vécues.
L’intervention de Dynamo International
(English version as delivered during the meeting)
Thank you for the opportunity to contribute.
We welcome the strong focus on social fairness, the Anti-Poverty Strategy, and quality jobs. These are very important priorities in the current context.
However, from our field experience, we see a gap between policies and reality. Many vulnerable people—especially young people facing poverty, mental health issues, or social exclusion—are still not reached by existing measures.
We would like to highlight three points.
First, the Anti-Poverty Strategy should not focus only on employment, but also address deeper inequalities, including access to housing, services and adequate income.
Second, when it comes to skills and employment, accessibility is essential. Lifelong learning opportunities should be designed in a way that includes people who are already disconnected from education or the labour market.
Third, we believe it is very important to strengthen outreach approaches, such as street work and local community services, which are often the only way to reach the most excluded groups.
Finally, civil society organisations have a key role in connecting policies with real-life situations, and their involvement should be strengthened.
Thank you.
Stefania Gorzo
