COSY : quand la sécurité des jeunes se construit ensemble
Stefania, project manager à Dynamo International, a participé à la conférence de lancement du projet COSY.
Cosmina a 15 ans. Elle habite à la périphérie de Geraardsbergen, fait 20 minutes de bus pour aller à l’école, et calcule plus vite que tous ses camarades. Pourtant, son bulletin est médiocre — marquée absente deux fois : une fois pour un événement familial, une fois parce qu’elle traduisait pour son père malade chez le médecin. Quand l’école a convoqué ses parents, il n’y avait pas d’interprète. Cosmina a traduit elle-même, dans une situation qu’elle ne maîtrisait pas entièrement. Tiraillée entre deux mondes, elle veut appartenir aux deux — mais se demande si c’est possible sans se perdre.
Cosmina n’est pas un cas isolé. Elle est le symbole d’un cycle que COSY cherche à briser : les jeunes se sentent en insécurité → perdent confiance → se sentent ignorés → la frustration monte → devient visible → la société sanctionne → ils se sentent encore plus exclus. La plupart des réponses s’attaquent aux comportements visibles. COSY pose une question différente : qu’est-ce qui se passe en dessous ?
Ce que COSY fait autrement
Community Safety through Youth Participation at Local Level est un projet européen de 24 mois, porté par Uit De Marge (Belgique) et la Ville d’Amsterdam, dans 8 territoires urbains et ruraux. Son principe : réunir jeunes (15–29 ans), travailleurs de jeunesse, responsables politiques et institutions — sur un pied d’égalité — en trois phases :
Écouter — cercles informels inspirés du Cypher hip-hop, sans hiérarchie ni jugement
Relier — bibliothèque des récits : un élu voit une place comme dangereuse ; un jeune y va parce que chez lui, ce n’est pas sûr — même lieu, réalités différentes
Agir ensemble — un plan d’action concret, co-construit : le Quadruple Helix
Ce qu’on apprend avec Cosmina
À la conférence de lancement, il régnait une bonne énergie parmi les dizaines de professionnels du terrain, tous déterminés à comprendre comment changer concrètement leur réalité quotidienne. Dans mon groupe de travail sur l’éducation, une professeure de Rotterdam et deux représentants de l’aide à la jeunesse ont travaillé ensemble sur le cas de Cosmina, via la méthode Omdenken — penser autrement, retourner le problème. Deux glissements simples, mais puissants :
Changer de rôle — Cosmina traduit déjà entre deux mondes. Et si l’école lui donnait ce rôle formellement ? La jeune devient experte ; l’institution apprend d’elle, non sur elle.
Commencer par ce qui fonctionne — si chaque réunion débutait par « votre fille est remarquable en maths » plutôt que par la liste des absences, le dialogue serait déjà autre.
Pourquoi Dynamo s’implique
Partenaire de dissémination de COSY, Dynamo International suivra ses avancées et diffusera ses méthodes à travers ses réseaux européens — parce que ce projet incarne ce que nous défendons : rencontrer les jeunes là où ils sont, construire la confiance avant les solutions, reconnaître leur expertise de leur propre vie. Les méthodes seront diffusées librement à l’issue des 24 mois.

